Friday, December 5, 2014

Fantasme 164 - Fender Custom Shop Stratocaster HSS Gold over Sherwood Green

http://wildwestguitars.com/electric/fender-1960-stratocaster-hss-heavy-relic-hle-gold-over-sherwood-green-1

Je vous entend d'ici : "Comment ça ? Une strat HSS sur ton blog ? C'est le début de la fin !", et je vous l'accorde, cette configuration qui permet de tout faire sans avoir une personnalité trop marquée ne m'a jamais rendu dingue. Et même sur ce modèle, une config avec le humbucker seul aurait rendu l'objet encore plus désirable. Mais avouez quand même que du Gold par dessus du Sherwood Green c'est de l'ordre du très sexy, avec la touche en palissandre qui contraste magnifiquement. L'autre contraste entre le micro capoté et les deux simples bobinages découverts donne un côté hot rod très mignon aussi... Bref, pour une beauté comme ça je suis prêt à aller au-delà de mes idées reçues.

Wednesday, November 26, 2014

Fantasme 163 - Dumble Overdrive Special

https://reverb.com/item/364494-dumble-overdrive-special-w-dumbleator-black

(merci à Yann de Woodbrass pour le tuyau sur ce fantasme-là) Je sais, je sais, encore un ampli que seuls les millionnaires pourront se payer, mais rien que pour le prix cet ampli méritait sa place comme fantasme... 110 000 dollars ! Avec le taux de change actuel, on arrive donc gentiment à 88 000 euros, pas mal quand même... Pour ce prix vous devenez donc l'heureux propriétaire d'une tête Dumble Overdrive Special, le légendaire ampli que tout le monde veut mais que personne n'a jamais entendu - à part sur les albums de Robben Ford et Stevie Ray Vaughan. La cerise sur ce gâteau hors de prix est le Dumbleator, un rack 1U qui fait office d'interface de boucle d'effets pour la tête, et dans laquelle le propriétaire précédent avait mis un delay TC Electronic. Le propriétaire en question justement n'est autre que notre ami obsédé Joe Bonamassa, comme en atteste la lettre signée qui accompagne l'ampli. Pour assortir avec la Les Paul 59 que vous avez achetée le mois dernier, il n'y a pas mieux !

Saturday, November 22, 2014

Le problème de John Mayer

Non, cet article ne parlera pas du physique de John Mayer qui, comme vous pouvez le constater sur cette cover de Rolling Stone datant de 2010, a de quoi filer des complexes à Keith Richards lui-même (et ça n'est pas peu dire). Cet article ne parlera pas non plus d'à quel point sa musique accompagne à merveille un voyage en ascenseur, même sur plusieurs dizaines d'étages. Non. Assez de ce genre de bassesses ici, si les guitaristes se critiquaient entre eux ça se saurait. L'objet de cet article est la controverse autour de deux simples tweets signés de la main de la star internationale. Deux tweets datés du 13 Octobre (oui je sais je suis long à réagir) et retweetés par plus d'un miller de fans. Que disent-ils donc ? Le premier : "Heads up to anyone thinking about owning my signature Stratocaster, they’re no longer being made and I’m no longer a Fender artist." Et le deuxième : "I love Fender guitars and will continue to play them, but the fact is that the company as it is today isn’t the same one I started with.". Traductions : "à tous ceux qui voudraient acheter ma Fender Stratocaster signature : ils ne la fabriquent plus et je suis plus un artiste Fender." et "J'aime les guitares Fender et je continuerai de les jouer, mais le fait que l'entreprise telle qu'elle est aujourd'hui n'est plus la même que celle avec qui j'ai commencé".
Un peu d'histoire pour commencer : le modèle signature de John Mayer est sorti chez Fender en 2006, à une époque où la firme californienne n'était pas du tout gérée de la même manière. à l'époque, le patron avec qui Mayer a donc sans doute négocié les termes de son contrat) était Bill Schultz, alias l'homme qui a sauvé Fender des griffes de CBS en devenant CEO (PDG aux USA) en 1981 puis en rachetant la marque en 1985. L'ère Schultz a été marquée par les premières bonnes rééditions vintage, les lancement de Squier, des nouveautés intelligentes et l'ouverture du Custom Shop. Autant dire qu'on doit la plupart de ce qui est bon à l'heure actuelle chez Fender à Schultz. La même année que le modèle signature Mayer, Schultz a pris sa retraite et c'est alors Bill Mendello qui a été nommé CEO. Mendello faisait lui aussi partie des acheteurs de Fender en 1985 et faisait donc partie des gardiens du temple, soucieux de conserver l'héritage de la marque. D'ailleurs il s'appelait aussi Bill, c'est dire.
Puis en 2010, Mendello a lui-même pris sa retraite et c'est Larry Thomas qui est venu le remplacer. Changement de décor radical : Thomas ne venait pas de l'intérieur, il a été CEO de la chaîne de magasins Guitar Center juste avant. Un businessman donc, un vrai, même si on reste dans le domaine des instruments de musique. Pendant la présidence de Thomas, Fender se retrouve dans une situation financière extrêmement délicate (des millions de dollars de dettes, plusieurs entrées en bourse ratées), et ce dernier a pris sa retraite en avril 2014. Un mois plus tard, Fender annonce qu'il vend la marque Guild au groupe Cordoba Music. En apparence donc, le groupe Fender lâche du lest et tente de se refaire une santé en se débarassant d'une marque qu'il estime moins précieuse que les autres marques qu'il possède, comme Gretsch, Jackson, Charvel et Hamer. Si on y regarde plus près, on s'aperçoit que le président de Cordoba Music n'est autre que Jonathan Thomas, le fils de Larry ! ça laisse un drôle de goût... Le nouveau CEO de Fender est Bob Roback, un spécialiste de la musique en ligne qui a été président de Yahoo Music et CEO de Dashbox. On s'éloigne donc progressivement de l'esprit de la marque, et les artistes paraissent de plus en plus sensibles à ces changements.
De par les gens à qui j'ai pu parler, j'ai appris d'autres affaires en cours qui me laissent penser que l'affaire John Mayer n'est que le début. Un guitariste de rockabilly très fait faire une guitare chez une grande marque d'acoustiques parce qu'il n'était plus satisfait de son endorsement chez les californiens. Le leader d'un groupe rock de Chicago va lui aussi arrêter son modèle signature, et un bassiste endorsé de longue date va lancer sa propre marque sans aucun lien avec Fender. Serait-on à l'aube d'une nouvelle ère CBS au cours de laquelle les nouveautés proposées par la marque seront de plus en plus incongrues et incohérentes, au cours de la quelle la qualité des produits va diminuer et les artistes se tourneront vers d'autres crèmeries ? Une chose est sûre, il y a quelque chose de pourri dans l'empire Fender, et il va être intéressant de suivre l'affaire dans les mois à venir.

Si quelqu'un rachète la marque Hamer, il y aurait moyen de refaire ce modèle ?

Thursday, November 20, 2014

Fantasme 162 - Mosrite Ventures Octave Guitar

http://www.jayrosen.com/catalog/index.php?&selection=Search&parent_id=3113&

Déjà en soi la forme Mosrite c'est très cool, surtout si c'est une pelle d'époque. Si en plus elle porte la signature des Ventures, le groupe de surf le plus cool du monde, ça ne la rend que plus désirable. Mais alors imaginez en plus qui s'agisse d'une guitare octave, c'est à dire un instrument de la taille d'une mandoline accordé comme une guitare mais un octave plus haut... ça fait rêver non ? Ne serait-ce que pour la bizarrerie de l'exercice !

Saturday, November 15, 2014

Scoop : la reverb / vibrato de Analog Outfitters

Je vous avais déjà parlé de l'incroyable ampli Sarge de la marque américaine Analog Outfitters, et ces spécialistes de la résurrection de pièces d'orgues Hammond ont encore frappé, et pas à moitié ! Voici donc, en exclusivité mondiale, le produit qu'ils vont présenter au NAMM d'hiver en janvier 2015. Il s'agit d'une reverb et d'un vibrato (variation cyclique de hauteur, par rapport au tremolo qui fait varier le volume) entièrement mécaniques regroupés dans la même boîte. Le principe est unique : ils sont partis du Scanner de vibrato des orgues Hammond, c'est-à-dire cette pièce-là, et c'est une moteur qui contrôle la vitesse du vibrato ! Avec en plus la possibilité de brancher une pédale d'expression... C'est un outil unique en son genre, et même s'il n'a pas encore de nom et que ça n'est qu'un prototype, ça fait déjà très envie. Les seuls outils qui s'en rapprochent sont la Victoria Reverberato (reverb et vibrato style Fender brownface) et la SurfBox Soldano (reverb, tremolo et vibrato). Les deux n'étant plus fabriqués, l'arrivée de cette merveille de chez Analog est en soi une excellente nouvelle. Autant vous dire que j'ai bien hâte d'écouter tout ça...

Wednesday, November 12, 2014

Fantasme 161 - Epiphone Zephyr Deluxe Regent de 1949

http://www.umanovguitars.com/store/item/1949-epiphone-zephyr-deluxe-regent/

Epiphone avait beau être le sommet de la lutherie de guitares jazz, ça ne les a pas empêché de laisser leur bon goût de côté et de fabriquer cette bizarrerie qui donne l'impression qu'une belle Gibson type L-5 s'est tapée une Harmony Rocket un soir de beuverie et a eu le rejeton que vous voyez ici... D'un côté il y a la belle table, le beau sunburst, l'incrustation de tête et la nacre sur le manche, d'autre part il y a ces micros improbables aux pourtours énormes, ces boutons sortis tout droit d'une cuisine d'époque, et un voyant rouge sur la plaque de protection, comme celui qui montre que votre ampli Fender est allumé, sauf qu'ici il ne s'allume pas. Improbable, donc indispensable.

Tuesday, November 4, 2014

L'Univbe ultime ?

L'Univibe fait partie de ces effets fascinants en cela que même si très peu d'entre nous ont eu l'occasion de jouer sur une pédale japonaise originale des années 60/70, nous avons tous une idée très précise de notre Vibe idéale, largement dérivée d'écoutes intensives des maîtres du genre (Hendrix of course, Pink Floyd, Robin Trower). Parmi les critères habituels de chaleur, d'épaisseur et de grain, on trouve aussi des exigences plus bizarres comme le côté sirupeux, le côté chocolaté, bref on touche autant à la cuisine qu'à la guitare. Et les fabricants de pédales boutiques se battent dans leur quête de la recette ultime. Parmi ces classiques modernes, on trouve la Deja Vibe Fulltone, la MojoVibe de Sweet Sound, la Vibe Unit de Prescription Electronics... Parmi ces montres qui occupent la place de deux MXR et demi sur votre board, une pédale compacte tire son épingle du jeu et fait de plus en plus parler d'elle : la Vibe Machine de DryBell. Nous vous avions déjà parlé de cette compagnie croate dans un article datant de 2012 (c'est vous dire à quel point nous sommes au top de l'actu), et le principe est simple : ils fabriquent une pédale, la Vibe Machine, et l'améliorent en permanence. Pour en savoir plus sur cet OVNI, nous avons interviewé Zvonch, le patron de DryBell.


Quelle a été ton expérience avant de monter DryBell ?
J'ai toujours été intéressé par la mécanique et l'ingénierie électrique. Quand j'ai commencé à jouer de la guitare au lycée (essentiellement pour draguer les filles), j'ai tout de suite adoré le fait d'explorer les amplis et effets. Je jouais dans un groupe de reprises rock n' roll, et j'ai eu un diplôme en ingénierie électrique. Après ça, j'ai travaillé dans le secteur R&D (recherche et développement) d'une petite société, il y avait plein de choses intéressantes à faire... J'ai ensuite travaillé pendant six ans chez Koncar, à concevoir des circuits imprimés pour les trains, les centrales électriques, les systèmes de sécurité... Je m'y suis imprégné de l'expérience et des connaissances de mes collègues. C'était une partie importante de ma vie avant que je ne monte DryBell, armé de mon expérience et de mon enthousiasme. Mes amis et mes famille m'ont beaucoup aidé lorsque j'ai décidé de monter ma propre entreprise.

Combien de temps le développement de la Vibe Machine a-t-il pris ?
Ce développement ne s'arrête jamais ! Le développement initial a pris environ deux ans et demi. Si tu prends en compte le fait qu'à l'époque je travaillais en même temps pour une autre boîte, je dormais à peu près cinq heures par nuit...

Pourquoi n'avoir lancé qu'une seule pédale sur le marché ?
Je sais que les gens nous voient comme une marque qui ne fait qu'une seule pédale, mais ça n'est pas le cas. Nous voulons proposer une des meilleures pédales d'Univibe au monde, mais en parrallèle nous construisons notre marque, nous développons notre espace de travail, nous employons les bonnes personnes, nous étendons notre réseau de revendeurs, tout en apprenant et en nous amusant. Tout cela prend du temps. Quand nous serons prêts, nous sortirons une nouvelle pédale.

Pourquoi avoir choisi l'Univibe ?
J'ai toujours rêvé d'avoir ma marque de pédales, mais je n'ai jamais su par laquelle commencer. J'ai toujours adoré Hendrix et Pink Floyd, et quand j'ai rencontré mon ami Kruno (ancien guitariste du groupe de rock le plus célèbre de Croatie, Majke) il m'a demandé de lui faire une bonne pédale de Vibe. C'est comme ça que le voyage a commencé, puis j'ai réalisé que ça n'était pas du tout une tâche aisée !

Le changement de photocellule sur la deuxième version de la Vibe Machine donne-t-il une si grosse différence de son ?
Tout dépend de comment tu l'envisages. En général, la Vibe Machine change et évolue tous les ans. Les pédales pédales n'étaient pas aussi organiques et n'avaient pas ce chorus subtil, mais elles étaient bonnes, presque autant que les meilleures de l'époque. Les pédales différaient légèrement d'un exemplaire à l'autre (ce que est normal, c'est le cas pour tous les fabricants de Vibe) mais aujourd'hui elles sont presque identiques. Les retours pour la version 1 ont été positifs à 100%, et nous sommes très fiers de ce que nous faisons.

Avez-vous d'autres pédales de modulation en projet ?
Nous avons de grands projets ! Tout cela va être très intéressant, restez à l'écoute...

En guise d'épilogue, je propose cet extrait sonore dans lequel je compare une DryBell Vibe Machine à une Sweet Sound Mojo Vibe sur le même système. Les deux sons sont évidemment assez proches, la principale différence est que la Mojo est un peu plus sombre et épaisse tandis que la Vibe est plus brillante et perce donc mieux dans le cadre d'un groupe et sur scène. à vous de décider !
https://soundcloud.com/julienbitoun/comparatif-univibe

Saturday, November 1, 2014

Fantasme 160 - Gibson Flying V Pelham Blue

http://www.rainbowguitars.com/guitar/gibson-custom-shop/benchmark-collection-2014-limited-run-1959-flying-v-pelham-blue/dsmvbmvcgh1282/gb

Le principe de base est très clair : n'importe quel modèle de Gibson en Pelham Blue et je craque ! Cette couleur est superbe et elle m'a toujours paru plus "classe", plus "spéciale" chez Gibson que chez Fender. Chez Fender, les guitares sont comme des voitures et il est donc normal d'avoir des couleurs pastels, tandis que les Gibson sont des objets d'art, et le bleu apparaît donc comme une superbe anomalie. Ajoutez à ça le design incroyable de la Flying V avec le très gros logo de tête, l'accastillage doré et les trois boutons en ligne, et vous obtenez une gratte qui évoque immédiatement cette question existentielle : quelle tenue vais-je pouvoir mettre avec sur scène ?

Thursday, October 30, 2014

Obsédé de Elvis Costello

Ma vie est fantastique : j'étais au concert d'Elvis Costello le 20 Octobre à l'Olympia, et c'était absolument grandiose. Le post-punk reconverti dans l'Americana s'est prêté à l'exercice économiquement ultra-viable de la tournée acoustique avec une grâce et une passion peu communes. Revisitant ses tubes comme ses titres plus obscurs, il s'est impliqué à fond dans chaque mot, en plus de nous faire partager des anecdotes racontées avec un talent de conteur certain. Pour ne rien gâcher, j'étais au premier rang... J'ai donc aussi pu me régaler de la collection de pelles qu'il avait déplacée à l'occasion, et autant vous dire qu'il n'a pas pris le prétexte de l'exercice acoustique comme une excuse pour ramener une D-28 et basta. Il y avait sur scène une très belle collection de Gibson vintage, et j'ai bien l'impression qu'aucune d'entre elles ne datait d'après 1965... On commence par un petit tour d'horizon de gauche à droite : une J-50 (la J-45 en finition naturelle), une Super 400 (avec micro rajouté, très probablement un DeArmond), une petite L-00, une J-160 et une autre Super 400, avec pan coupé et mini humbucker cette fois-ci.
Je n'ai pas pu les faire tenir toutes sur la même photo, mais à droite il y avait cette superbe L-00, la deuxième donc mais celle-ci est noire ! Et on peut imaginer qu'il s'agit de la préférée d'Elvis, tout simplement puisqu'il ne l'a pas faîte modifier contrairement à toutes les autres, qui ont au moins reçu un capteur au chevalet et des strap locks. La noire, il la joue assis et face à un micro style Neumann KM184... Et d'ailleurs ça sonne ! A l'opposé du spectre, il y a la J-160, qui est une Southern Jumbo avec un micro simple bobinage (type électrique donc) entre la rosace et le manche. George Harrison et John Lennon avaient chacun la sienne, d'où le statut légendaire du modèle, et Costello l'utilise comme le faisaient les deux Beatles : branchée dans un ampli électrique ! D'où les deux 65 Amps derrière, évidemment des modèles Lil' Elvis parce qu'on a sa dignité quand même... Là où ça devient carrément génial, c'est qu'il a quand même installé un capteur chevalet sur sa Gibson, et du coup il mélange le micro magnétique dans l'ampli électrique avec le micro piezo dans la table.
Et parce qu'on ne se refait pas, les deux Super 400 et la J-160 (ainsi que sa Jazzmaster signature qui passait aussi par là) sont branchées sur le pedalboard d'Elvis, que j'ai pu photographier depuis le public uniquement donc c'est parti pour le jeu de devinettes :

Dans l'ordre : une pédale en acier qui dit "Fender Vibrato" et qui est sans doute le footswitch qu'il utilisait sur un ampli Fender, et qu'il doit utiliser dans cette configuration sur l'un des amplis 65 (ou sur un Fender caché derrière ?), vient ensuite le Ravish Sitar Electro Harmonix, le TunnelWorm Mr Black (un flanger thru zero), le Eventide H9, une Jack Deville Dark Echo, un autre footswitch acier qui dit "Lil' Elvis Tremolo" (je vous explique ou ça va ?), une Mr Black Boost Tiger, puis deux pédales que je n'arrive pas à reconnaître... Une marquée "999" (ou 666 à l'envers), et l'autre est encore plus obscure ! Si vous avez des idées n'hésitez surtout pas... à l'étage inférieur, on peut reconnaître le vert pomme du Line 6 DL4, une pédale noire inconnue, la Voodoo-Vibe de Roger Mayer, la Way Huge Green Rhino et enfin la JHS Colour Box. Conclusion : Elvis est un véritable obsédé ! Non seulement il amène sa superbe collection de pédales pour un simple concert acoustique, mais en plus il a sur pedalboard des pédales sorties très récemment par des marques relativement obscures. Comme quoi il ne faut jamais arrêter de chercher...

Wednesday, October 29, 2014

Fantasme 159 - Squier Vintage Modified Antigua Jazzmaster Baritone

http://www.woodbrass.com/guitare-electrique-retro-neo-vintage-squier-by-fender-vintage-modified-baritone-jazzmaster-antigua-p183006.html

C'est un peu comme si ils avaient compilé toutes les idées bizarres survenues chez Fender depuis 1958 pour faire une sorte de "best of improbable". Déjà la forme Jazzmaster (avec en plus la grande plaque sans le circuit jazz du côté grave) à grosse tête a un côté un peu bizarre, sans le vibrato et avec une prise jack de strat on touche carrément à l'anormal, mais attendez, il y en a encore ! Finition Antigua, cet infâme caca d'oie datant de la fin des années 70, avec repères en bloc et binding de touche, bref tout y est ! Il ne manquerait plus qu'elle soit baryton... Eh bien c'est le cas, tant qu'à faire ! Oui c'est une Squier, mais ceux qui ont eu l'occasion de jouer sur les Squier de la série Vintage Modified savent à quel point ces instruments sont d'une qualité hallucinante par rapport au prix. J'en suis à une dizaine de concerts avec ma Telecaster Bass issue de cette série et je peux témoigner de sa solidité... Alors, on craque ?

Friday, October 24, 2014

Coup de cœur - Analog Outfitters Sarge

Et quand je dis coup de cœur c'est gros gros gros coup de cœur...
Petite explication : Analog Outfitters est une entreprise de l'Illinois (la ville de Champaign, ça ne s'invente pas !) qui récupère des orgues Hammond vintage dont les gens se débarrassent et utilisent leurs incroyables transfos vintage pour faire des amplis qui tuent. Évidemment tous les composants sont du même acabit, et leurs têtes sont dans des boîtes récupérées, en l’occurrence du matériel de chimie pour la boîte en fer du Sarge, et un panneau style plaque d'immatriculation pour les contrôles.
Le Sarge est le premier ampli conçu par AO, et résume très bien la philosophie de l'entreprise : récup, simple et efficace. Il s'agit d'une tête 15 watts au circuit inspiré du Fender Deluxe mais les lampes de puissance dont deux EL84 (plutôt que les 6V6 habituelles sur le Deluxe, les EL84 c'est Vox mais aussi les Fender Pro Junior et Blues Junior). Trois contrôles seulement (un gros volume, deux plus petits pour graves et aigus), deux interrupteurs (un on/off et un standby), une sortie HP, une entrée pour l'alim et c'est fini ! Quand ça sonne, il ne faut pas chercher plus loin...
D'entrée, la boîte métallique qui s'ouvre sur le circuit apparent, ça donne envie de jouer tellement c'est beau. On ne le dira jamais assez, du beau matos c'est important aussi puisque ça donne envie de mieux jouer, et de jouer plus souvent ! Le truc, c'est que le Sarge n'est pas que beau. Nous sommes tous sensibles aux compliments sur nos jouets, et je n'ai jamais eu autant de remarques positives qu'en jouant cet ampli, successivement de la part d'un vendeur de magasin, d'un ami bassiste et d'un ingé son en concert. Le verdict est unanime : il s'agit d'un des meilleurs amplis qu'ils ont entendu, point barre. De mon côté je dois bien avouer que le Sarge dépasse de la tête et des épaules les autres amplis que je tiens comme référence (Tweed Deluxe sous toutes ses formes, Pro Junior et Princeton blackface), et il représente l'étape ultime dans la quête du "le son de ma guitare mais en plus fort et plus beau". Le Sarge est ultra sensible aux nuances de jeu et restitue parfaitement les caractéristiques de l'instrument qu'on y branche. Pour autant il n'est pas neutre : il a le grain spongieux des Fender tweed, mais ne s'écrase pas autant et présente donc un mélange idéal avec le brillant des Fender blackface. Selon le niveau de sortie des micros et l'intensité de l'attaque, il crunche à partir de 10 heures à midi au contrôle de volume, puis à partir de midi il atteint sa puissance max et on ne fait alors que rajouter du crunch. On n'arrive évidemment pas jusqu'au métal, et la palette de sons que l'on peut tirer du Sarge n'est pas gigantesque : elle dépendra en fait de la palette de guitares dont vous disposez, et de la finesse de votre jeu. Ceux qui cherchent un ampli en forme de page blanche pour brancher leurs pédales seront déçus puisque le headroom n'est pas énorme, mais les adeptes de la philosophie "une putain de gratte, deux pédales et un putain d'ampli" seront à la maison.
Personnellement, j'ai l'impression d'avoir trouvé mon ampli ultime, celui que je n'échangerais pas contre deux barils de Mir Laine et que je me vois embarquer tout le temps en studio comme sur scène (si j'ai le permis un jour bien sûr). Une sacrée réussite donc, et un parti pris philosophique qui me plaît beaucoup. Pour ne rien gâcher, la tête Sarge n'est pas proposée à un prix délirant (environ 1000 dollars, par rapport au son et à la qualité de fabrication c'est très gentil). Seul hic : elle n'est pas encore proposée en France, et acheter sans essayer c'est dur, surtout pour un ampli à la personnalité si marquée. En attendant, pour vous faire une petite idée du son de la bête, voici une jolie vidéo réalisée par Loic Caradec que je salue au passage :
http://www.dailymotion.com/video/x1zw0gp_demo-analog-outfitters-hd-720p_music
à noter que cet essai a été réalisé avec un cab fait par la marque française IT-11, et j'ai tellement flashé sur le cab aussi que je leur ai demandé de m'en réaliser un en 1x10, ma taille de prédilection. Vous vous en doutez : c'est une tuerie !

Monday, October 13, 2014

Fantasme 158 - Gretsch 7680

http://www.chicagomusicexchange.com/collections/vintage/products/gretsch-7680-super-axe-orange-1977

Pour être guitariste dans les années 70, trois choses étaient essentielles : une coup de cheveux improbable, un compresseur et un phaser. Avec cette gratte, vous étiez donc au top, puisqu'elle intègre deux de ces trois éléments, et vu son look improbable elle facilite aussi grandement les choses pour le troisième. Les repères de touche sont aussi superbes qu'originaux (un petit côté Bigsby ?), et la taille un peu exagérée en ferait un bel outil entre les mains de Josh Homme. Pour ne rien gâcher, ça ne fait pas très cher pour un instrument de cet acabit...

Thursday, October 9, 2014

Pierre Journel (La Chaîne Guitare) - Interview part 2

Suite et fin de l'interview du patron de l'excellent webzine La Chaîne Guitare, monsieur Pierre Journel ! Le premier article est ICI.

- quels sont tes héros guitaristiques ?
 Je suis "né" en tant que guitariste avec des musiciens comme Billy Gibbons, Eric Clapton, Jeff Beck, Louis Bertignac, Edward Van Halen, Steve Vai et Satriani.
Depuis que j'ai lancé La Chaîne Guitare j'ai eu l'occasion d'élargir ma culture musicale. J'ai ainsi par exemple découvert des jazzeux de la côte Est qui cassent tout en ce moment comme Jonathan Kreisberg ou Gilad Hekselman.
En France, je suis un fan transi de Jean-Michel Kajdan et de Brice Delage qui n'a pas encore fini d'exploser tellement il est talentueux.

- quelles sont tes guitares, amplis et pédales préférés parmi ceux que tu as ?
+ Ma Strat Clapton de 88 achetée à New-York chez Sam Ash (je crois bien)

+ Ma Strat Monster Relic équipée de micros Hepcat que j'avais emprunté à Georges de Guitars Addicts pour faire un test et que j'ai achetée tellement je l'ai aimé!
+ Ma Ernie Ball Music Mann modèle Van Halen (signature) que j'ai acheté pour la naissance de notre premier fils (j'ai perpétué la tradition pour les 2 autres). 
+ Ma PRS Custom24 1à top Black Cherry, achetée d'occasion quasi neuve à Montréal
+ Ma PRS McCarty achetée d'occasion aussi à Montréal
Côté ampli, un petit Fender Champ à lampes des années 70 pour l'appartement et un Marshall combo 6101 pour ma "ligne Maginot" (ma cave où j'enregistre maintenant tous les tests vidéos de La Chaîne Guitare).
En termes de pédales :
+ Une Lucy's Drive de Doc Music Station, un clone de la Klon Centaur vraiment très bon pour booster un ampli ou bien une autre pédale
+ Une Dumkudo de tanabe.tv, une pédale que je viens de recevoir du Japon après avoir découvert ça dans un Rig Rundown de Larry Carlton. J'ai contacté Toshihiko, le fabricant et il m'en a envoyé une pour faire un test. J'adore le son du mode vert qui est, à ce qu'il paraît, une très bonne réplique du son Dumble. N'ayant jamais joué sur Dumble, je ne peux que mettre ça au conditionnel mais en tout cas elle sonne d'enfer avec une réponse au jeu aux doigts vraiment top.
+ Une Pimento de Celmo pour les niveaux d'overdrive légers
+ Une Plextortion de Wampler pour les gros sons
+ Un looper Boos RC-2 pour travailler sur une séquence d'accord : un outil que tout guitariste sérieux devrait avoir dans son pédalier pour progresser.
+ Une Boss RV-5 pour ajouter un peu de reverb
+ Un délai EchoBaby de chez Love Pedal car j'adore le son de la pédale et que c'est un délai facile à régler pour moi car il n'y a qu'un gros bouton dessus !
J'utilise aussi un Torpedo CAB pour enregistrer tous les sons de guitare de mes tests. Avant le CAB, j'utilisais une vénérable pédale SansAmp que j'ai toujours. Le CAB est vraiment la solution idéale pour moi pour enregistrer. Par contre je m'en sers assez peu sur ampli, sauf avec la Plextortion sur le Champ car sinon ça ne sonne pas très bien.

- dans l'absolu ?
On a tous des fantasmes, n'est-ce pas. J'aime beaucoup les micros P90, j'ai une Soapbar SE que j'aime beaucoup. Je crois bien qu'un jour je ferai appel à un luthier pour me faire faire une Les Paul Jr avec un seul P90. 

J'avais bien accroché avec ta Collings quand tu me l'avais confié. Plus récemment, j'ai eu pendant quelques jours une guitare équivalente du luthier Mikaël Springer, la Spartan, dont j'ai fait un test vidéo. J'ai adoré cette guitare.
Il y a peu j'ai découvert les guitares du luthier allemand Nik Huber, c'est vraiment très très bon. Il fait aussi des Juniors qui sont fabuleuses avec des micros Haussel qui sonnent d'enfer.
Bref, comme dit la classique vanne : 
"Question : de combien de guitare as-tu besoin ?
Réponse : une de plus !"
Mon péché mignon est de faire du lèche vitrine sur l'appli mobile du Bon Coin et de saliver en regardant toutes ces guitares incroyables qui sont à des prix ridicules. En ces temps de crise, on voit passer des trucs assez fous.
Pour revenir à ta question, dans l'absolu, j'aimerai beaucoup avoir une vieille Strat série L mais bon, pas sûr de vouloir y mettre une somme à 5 chiffres... En plus du coup, tu dois un peu hésiter à la trimbaler une fois que tu l'as. 
Moi, je pars du principe que les guitares sont faites pour être jouées. Je n'ai jamais hésité à partir en vacances avec mes guitares, que ce soit mes PRS, ma Clapton ou ma Van Halen.
Là, depuis que j'ai cette Strat Monster Relic que tu as eu l'occasion de jouer un peu, je pense avoir trouvé mon île au moins... jusqu'à la prochaine !

Tuesday, September 30, 2014

Fantasme 157 - Teuffel Antonio

http://www.destroyallguitars.com/guitars/item/503-teuffel-antonio/category_pathway-182

Eh oui, il m'arrive aussi de fantasmer sur des guitares ultramodernes ! Il faut dire que là on ne parle pas d'horreur à table ultra flammée et configuration HSS... Teuffel fait partie des luthiers les plus talentueux dans le microcosme à l'heure actuelle, et ce génial allemand n'a jamais eu peur de repousser les limites de ce que les puristes accepteront. La Antonio n'est pas aussi avant-gardiste que la Birdfish ou la Niwa (deux autres modèles made in Teuffel), mais elle reprend les codes connus et les tord, les étend, les mélange jusqu'à les rendre méconnaissables. Un seul micro, une tête ajourée, un seul pan coupé et l'autre côté qui remonte très haut, c'est un instrument qui ne laisse pas indifférent... Pour ne rien gâcher, j'ai eu la chance de passer un peu de temps avec une Antonio au Musikmesse, et je dois avouer que le ramage est à la hauteur du plumage.

Friday, September 12, 2014

Pierre Journel (La Chaîne Guitare) - Interview part 1

Entre passionnés, il faut bien s'entraider... Je suis les posts de Pierre sur l'excellent webzine La Chaîne Guitare depuis l'époque où son site était sur fond noir, et il a été parmi les premiers à soutenir mes projets musicaux avec passion et talent. Mais à force de se mettre au service des gens qu'il interviewe ou des guitares qu'il teste, il ne faudrait pas que les gratteux en viennent à oublier à quel point Pierre est lui-même un homme aux multiples talents, qui écrit bien, joue bien, parle bien et sait mieux que personne transmettre sa passion, d'où le slogan de son zine : "l'amplificateur de passions". Je lui ai posé quelques questions, il m'a répondu un roman, le voici donc en deux parties !


- comment t'est venue l'idée de la Chaîne Guitare ?
En 2005 j'habitais au Canada à Montréal avec ma petite famille et j'ai découvert le podcasting. Ingénieur de formation, musicien amateur et fan de tout ce qui touchait à Internet, ça n'a pas pris longtemps pour que je démarre un podcast pour chroniquer ma vie de français installé au Québec. 
Il s'agissait du PCC, le Podcast de la Cabane au Canada, qui est toujours en ligne à l'adresse http://www/lepcc.net. A partir de mars 2005 j'ai publié un épisode audio chaque semaine où je postais des enregistrements sonores de mes promenades au Québec, du fin fond de la forêt Laurentienne jusqu'au balade en bateau sur le Saint-Laurent pour voir les baleines ou bien encore les innombrables soirées passées au Festival de Jazz de Montréal et aux Francofolies.
J'avais tout le temps un enregistreur numérique avec moi, un petit iRiver 702 (je crois bien). 
Je parlais déjà de musique et de guitare dans le PCC. C'est une fois revenu en France fin 2008 que je me suis dit que le podcast étant un média de niche il était parfaitement adapté pour un sujet pointu comme la guitare. C'est comme ça que j'ai démarré La Chaîne Guitare en mars 2009.
Je pensais péniblement avoir de quoi publier un épisode par mois et puis une interview débouchant sur une autre, un contact en amenant d'autres, j'ai vite augmenté la cadence pour arriver à publier un épisode audio chaque semaine. 
Aujourd'hui, cela représente :
+ 240 émissions audio
+ 340 vidéos (interviews, reportage, tests de matos)
+ 500 articles sur le site web
+ 1 500 commentaires
+ 15 000 tweets en cumulés sur @lachaineguitare et @theguitarchnnl
+ A peu près autant de posts sur les pages Facebook
+ 900 photos postées sur Instagram
+ 12 000 vues par mois sur le canal YouTube
+ 10 000 téléchargements de podcasts / mois
Depuis le début je gère La Chaîne Guitare (www.lachaineguitare.com) qui regroupe tout le contenu francophone et anglophone et The Guitar Channel (www.theguitarchannel.biz) avec uniquement le contenu anglophone.
Chaque semaine il y a toujours une émission audio en alternance en français et en anglais, en accès libre dans le podcast. A quoi se rajoute tout le contenu exclusif réservé aux détenteurs de Pass Backstage (interviews vidéos, avant-première sur les tests de matos, etc.).
Je travaille seul et à 100% de mon temps sur La Chaîne Guitare depuis septembre 2012. 
En 2013 j'ai lancé le Pass Backstage, évoqué plus haut, qui permet pour 5€ pour 1 mois d'accéder à tout le contenu exclusif, aux masterclass en ligne chaque mois (dont tu m'as fait le plaisir d'animer la première de 2014 sur le jeu aux doigts), aux réductions chez les partenaires et à la communauté privée. 
J'ai fait le choix radical de ne pas avoir de publicité sur La Chaîne Guitare / The Guitar Channel car je pense que c'est le seul business model qui assure une totale indépendance. Je peux ainsi me permettre d'interviewer qui je veux, star établie ou illustre inconnu et aussi tester le matériel que je veux et en dire ce que je veux (ce qui n'est pas si courant...).
Mon seul et unique critère de choix est la passion. Il faut que les gens que je rencontre pour une interview (artistes, luthiers, fabricants, etc.) me passionnent.
La Chaîne Guitare est un média guitare indépendant, 100% passion, 0% pub.
- d'où te vient ce goût des nouvelles technologies ?
De formation ingénieur électronique et informatique, j'ai toujours adoré me jeter sur les derniers gadgets, sur les nouveaux trucs alors quand la vague d'Internet a commencé à déferlé, autant te dire que j'étais le premier sur la plage avec ma planche de surf ! Je ne suis pas descendu de la vague depuis.
Depuis le début de l'aventure de La Chaîne Guitare, j'utilise à fond tous les outils extraordinaires d'Internet pour interagir avec la communauté guitare. Tout y passe, les sites web, les réseaux sociaux, les smartphones, tablettes, tout !


- et ton amour de la guitare ?

C'est mon grand frère m'a inoculé le virus. Il m'a donné mes premiers cours de guitare Folk à l'age de 13 ou 14 ans. Je n'ai jamais arrêté. A 47 ans, ça commence à faire quelques années... Rapidement je suis passé à l'électrique après avoir pris quelques cours avec Michel Haumont qui a été un de mes tout premier interviewé connu près de 25 ans plus tard ! 
Après j'ai eu le parcours classique, groupes de copains, groupes pendant les études, tremplin rock, fêtes de la musique, etc.
Je n'ai pas toujours joué en groupe mais je n'ai jamais arrêté de jouer de la guitare. 
Et je dois dire que depuis que j'ai démarré La Chaîne Guitare, je suis devenu encore plus passionné de six cordes. 
Comme quoi le slogan "Amplificateur de Passion" a fonctionné pour moi en premier. En effet, par goût perso je suis plus porté sur le Rock mais depuis que je fais des interviews j'ai pu explorer des styles avec lequel j'étais moins familier : le classique, le Jazz, etc.


- quels sont les articles dont tu es le plus fier à l'heure actuelle ?

Depuis 2009, il y a eu tellement de super rencontres que c'est difficile d'en sélectionner juste quelques unes.
Voilà des interviews qui ont été clef pour moi :
+ Louis Bertignac en mai 2009 car c'est une de mes idoles de jeunesse et que c'était mon premier gros coup
+ Steve Lukather de janvier 2013 car c'était la première en vidéo
+ Steve Vai d'octobre 2009 car c'est une méga star et que ça s'est fait au téléphone, il a été adorable d'un bout à l'autre
+ Eric Bibb que j'ai fait plusieurs fois en interview, un bluesman très calme mais très intense, grand frisson à chaque fois
+ Pierre Bensusan, un grand monsieur de la guitare, la première interview a duré 1 heure et demi, publiée en 2 fois !
+ Al Di Meola, l'année dernière à Issoudun car j'avais un peu la trouille vu sa réputation, ça s'est très bien passé
+ Paul Reed Smith au Musikmesse cette année qui me félicite en début d'interview de mes 10 000 vues par mois sur YouTube
+ Franck Cheval en juillet dernier, plus de 20min d'interview vidéo avec un grand monsieur de la lutherie
Sans démagogie à 2 balles, je pourrai quasiment passer en revue toutes les interviews tellement il y a eu de belles rencontres au fil des années.



- les articles les plus populaires ?

+ L'interview par mail de Tina S, l'adolescente qui a déjà un niveau de guitare assez monstrueux : http://lachaineguitare.com/2013/09/interview-ecrite-tina-s-bientot-7-millions-vues-se-reprise-deruption/
+ Les articles sur le projet Frankenstrat ont pas mal marché : http://lachaineguitare.com/tag/projet-frankenstrat/
Tout le contenu que je publie, quel que soit le support (écrit, audio ou vidéo) vieillit très bien car je ne suis pas dans l'actualité brulante. Par contre je diffuse beaucoup d'infos en live sur les réseaux sociaux où je suis présent non-stop.



- quelles évolutions envisages-tu pour ton magazine ?

Continuer à faire fonctionner l'amplificateur de passion à 200% ! 
C'est un vrai défi que de vendre du contenu sur Internet tellement on s'est habitué à la gratuité partout. Je crois intimement qu'un modèle sans pub est viable, les backstagers qui sont chaque mois plus nombreux me le disent bien. Ils sont fatigués d'être bombardés en permanence de pub (plus ou moins déguisées). Ils apprécient le côté 100% passion, 0% pub que je propose. Ils aiment aussi le ton que j'ai dans mes interviews ainsi que la profondeur que j'essaye d'avoir. N'étant pas limité par le format, si le musicien est près à jouer le jeu (ce qui est tout le temps le cas ou presque), je peux me permettre de publier des interviews longues et détaillées là où un média classique papier va devoir boucler l'interview en quelques paragraphes et une ou deux photos.
Je fais aussi de plus en plus de vidéo quand c'est possible car cela amène une autre dimension. Le top c'est de pouvoir faire l'interview en vidéo guitare à la main comme j'ai pu le faire avec Jean-Félix Lalanne, Jean-Michel Kajdan ou bien encore Warren Haynes. 
Comme j'ai dit plus haut, je travaille à temps plein sur La Chaîne Guitare. Je kife à mort ce que je fais. Mais, à la fin du mois, il y a une logique comptable qu'on ne peut pas contourner. C'est pourquoi je propose ce modèle d'affaire innovant qui commence à faire ses preuves dans les médias comme avec Arrêt sur Image ou Mediapart ou encore plus anciennement Canal+.
J'utilise d'ailleurs souvent l'image de la chaîne codée pour expliquer ma démarche : l'objectif de La Chaîne Guitare est de devenir sur le web le Canal+ des 30 millions de guitaristes qui existent dans le monde.
Dit comme ça cela paraît énorme (et même terriblement arrogant aux yeux de certains) mais le modèle est exactement le même : 80% de contenu que je produis est gratuit, si on veut la totale et accéder au 20% restant il faut passer Backstage. 
Au risque de passer pour quelqu'un qui se la pète, j'ai la prétention de penser que ce que je propose via le Pass vaut très largement le 5€ par mois. Quelques exemples tout récent : nul par ailleurs vous trouverez une vidéo d'une heure et demi où Jean-Michel Kajdan détaille son pédalier version 2014, idem pour la masterclass filmée chez Guitars Addicts de Zane Carney (guitarste de John Mayer), ou bien encore l'interview vidéo de 20min de John Petrucci, Mark Tremonti, Kiko Loureiro, etc.
Sans parler des masterclass en ligne chaque mois, des réductions chez les partenaires ou bien la communauté privée qui est très appréciée des backstagers car ils peuvent y échanger entre passionnés sans avoir le côté guerre de chapelle ou concours de quéquette qu'on retrouve dans les forums publics.
Sans dec, à 5€ / mois, c'est le deal du siècle ! :-)


- ayant connu la scène canadienne, quel regard portes-tu sur la scène guitaristique française ?

J'ai effectivement vécu 10 ans au Québec, à Montréal. J'ai même la double nationalité française et canadienne. 
Au Canada en général et au Québec en particulier, ils ont un rapport à la musique qui est très différent du notre. Là où en France nous sommes culturellement plus attachés à la "chanson française", aux textes, etc. là bas, ils ont une approche plus large qui fait que les musiciens sont bien mieux reconnus alors qu'en France c'est bien difficile de vivre de son instrument (sans sous entendu graveleux, je te voix venir Julien) et ce même pour les très bons.
A Montréal, j'ai passé des soirées inoubliables au Festival de Jazz ou au Francofolies. Il faut savoir que pendant ces festivals qui durent une dizaine de jours, il y a une incroyable programmation extérieure gratuite et une programmation payante en salle. Ainsi pendant 10 jours, lors du Festival de Jazz de Montréal on peut passer la soirée de 19:00 à 00:00 et voir 5 concerts de 1 heure chaque sur les 3 ou 4 scènes extérieures. 
J'ai ainsi vu des concerts gratuits de stars comme Pat Metheny ou bien M ou des artistes moins connus mais non moins talentueux. A chaque fois c'était une orgie de musique vraiment fabuleuse.
Je ne pense pas qu'il y ait des choses équivalentes en France, en tout cas pas avec une telle importance de la partie extérieure gratuite.
La proximité des Etats-Unis fait qu'ils sont bien sûr très influencés par ça mais il y a au Québec une scène musicale et guitaristique très vivante avec des artistes comme Steve Hill, Mario Chenart, Les Respectables, etc. 
 

Friday, August 29, 2014

Fantasme 156 - Gibson ES-295 humbuckers

http://www.jayrosen.com/catalog/index.php?&parent_id=745&&selection=Search&parent_id=2704&

On connaît tous l'ES-295, autant dire le modèle signature officieux de Scotty Moore, puisque c'est par son association avec les premiers enregistrements d'Elvis que cette Gibson est entrée dans la légende. Une ES-295, ça a deux P90 blanc, comme la Les Paul gold top d'ailleurs, dont elle est le pendant archtop. Sauf celle ci qui a deux humbuckers. Parfaitement. C'est extrêmement inhabituel, mais d'après ce que dit le magasin qui la vend, il y a en a eu une cinquantaine comme celle-ci. La juxtaposition des deux est magnifique en tout cas, et puis vu que les 295 ont été arrêtées en 1959, les micros sont forcéments des P.A.F. originaux... Oooooh oui.

Wednesday, August 27, 2014

Guitares en Seine

Oui, comme tout le monde je suis allé à Rock en Seine ! Mais je ne vous assommerai pas ici à coup de statistiques sur ce festival devenu énorme à force de belles éditions successives (et malgré les concerts annulés de Amy Winehouse en 2008 puis de Oasis en 2009), et je me concentrerai donc sur le seul sujet digne d'intérêt en ce bas monde : les guitares !
Je ne suis pas allé voir tous les concerts, mais j'ai observé pas mal de belles choses et je tenais donc à vous raconter tout ça.

Gary Claque 
Tout commence sur la grande scène autour de 17h, la nouvelle sensation blues Gary Clark Jr. monte sur scène. Du jam glorifié, ça joue très bien mais ça ne compose pas, et du coup ça tourne très vite à l'ambiance façon caveau des oubliettes. Décidément entre Bonamassa et Clark, il y a un vrai marché du blues qui tourne à vide qui fleurit en ce moment... Mais nous ne sommes pas ici (que) pour dire du mal ! Gary est surtout connu pour son utilisation des Epiphone Casino (comme un 335 mais sans poutre central, donc complètement creuse, et avec des P90 à la place des humbuckers), qui fera effectivement son apparition en rouge passé pour un passage slide en open, mais il monte sur scène avec une SG qui paraît dater de 1961 puisqu'elle a le vibrato horizontal typique des toutes premières pelles du genre, en rouge s'il vous plaît, et ça n'a pas l'air d'une réplique... Il sortira aussi une Strat blanche style série L à tête assortie, là je parierai plus sur une Custom Shop mais on ne sait jamais. Côté amplis, deux Twins blackface (probablement de la location), plus un Princeton blackface et une brownface au format tête large, difficile de déterminer la nature de la bête... L'autre guitariste du groupe alterne entre Strat noire type série L et une vraie guitare, c'est-à-dire une Les Paul Junior doublecut en cherry red, probablement d'époque vu l'usure. Il a lui aussi deux Twin, mais cache aussi une vieille tête Park (fabriquée par Marshall donc). Plein de très beau matos donc, mais il manquait des bonnes chansons...

Il y a un Bugg (hahaha)
ça tombe bien justement les bonnes chansons c'est la spécialité de Jake Bugg ! Le singer / songwriter anglais fait partie de mes gros flashs de l'année dernière, et ne l'ayant pas encore vu sur scène je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre... et je n'ai pas été déçu ! Déjà il a un bon goût irréprochable niveau guitares : une acoustique parlor tout acajou avec manche 12 cases et tête ajourée, fabriquée par le luthier anglais Patrick James Eggle, une Strat noire maple type Clapton, une Strat noire palissandre à tête large, et surtout une incroyablement belle Esquire blonde qui avait bien l'air de dater des années 50 (logo spaghetti, pas de logo Custom Shop derrière la tête), et qui remporte sans hésitation mon prix de la guitare la plus excitante du festival... En plus il ne se prend pas la tête sur ses amplis (trois Fender Blues Deluxe), et il sait très bien s'entourer : je me doutais déjà de quelque chose en voyant cette Les Paul Deluxe goldtop immédiatement reconnaissable traîner devant les deux amplis Musicman d'époque, et j'ai eu la très agréable confirmation de voir entrer en scène Matt Sweeney pour accompagner Bugg. Sweeney est reponsable de l'excellente et désormais défunte émission Youtube Guitar Moves (dont je vous parlais dans cet article), et il est surtout un guitariste de session de grande classe qui bosse régulièrement sur les prods de Rick Rubin. Oui, rien que ça. En plus de sa Les Paul, il avait ramené une superbe dreadnought toute noire signée Eggle elle aussi et sur laquelle j'ai pu apperçevoir le réglage dans la rosace d'un système L.R. Baggs Anthem (que Bugg lui-même utilise sans doute aussi). Pour certains morceaux, il avait aussi une ES-390 qui était surtout là pour assurer pendant que la goldtop se faisait réaccorder. Quelle classe...

Les ruches arrivent
 Pour clôturer cette première journée (non, je ne suis pas resté pour voir les singes arctiques), les suédois de The Hives ont pris la grande scène d'assaut pour un set en béton, très envoyé malgré un public bien calme. Là encore la sélection guitaristique est exempte de tout reproche : pour le guitariste de droite c'est Telecaster only, avec une Custom noire d'époque et une Esquire blanche moderne avec binding noir qui a bien l'air d'un assemblage, le tout branché dans un Super Reverb et un Vibrolux, blackface pour les deux. à gauche, Vigilante Carlstroem lui donne la réplique avec une Les Paul Custom noire et surtout une sublime Epiphone Coronet noire à deux pans coupés et un unique mini humbucker (troisième guitare à un seul micro de la journée, c'est une bonne édition !). Niveau amplis, on voit un Vibro King blackface et un Divided By 13, tant qu'à faire... à noter que les roadies sont déguisés en Ninja, et que l'un d'entre eux joue du tambourin ou des maracas pour certains titres. ça ne s'invente pas.

Le Dimanche au Mali
J'ai séché la journée du samedi, et nous voici donc le dimanche pour deux concerts que j'attendais avec beaucoup d'impatience : Tinariwen et les Queens Of The Stone Age. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, les Tinwariwen sont un groupe de touaregs du Mali, et ils jouent du blues roots, qui sent la poussière et les chèvres. Tout l'opposé de Gary Clark Jr. en quelque sorte... Et sur scène c'est une expérience incroyable, un exercice de transe sur fond de section rythmique à la fois solide, inébranlable et parfaitement dansante. Il y a un percussionniste, un bassiste (qui joue à gauche sur une Precision Bass maple sunburst à plaque dorée sur laquelles les cordes n'ont même pas été retournées), un guitariste rythmique aussi stable que Malcolm Young (avec une Reverend orange sur un Peavey Classic 30) et trois chanteurs. Ces trois chanteurs prennent à tour de rôle la guitare lead, chacun avec un rig différent : Martin électroacoustique sunburst à pan coupé d'abord, puis Gibson SG standard cherry et Telecaster (blonde un peu sale qui paraît dater des années 70) sur Peavey Delta Blues, et Fender Tornado rouge sur Fender Blues Deluxe. Les trois sonnent de façon différente mais collent parfaitement à la couleur du groupe, belle leçon d'ambiance...
Je m'étais déjà penché sur l'incroyable Fender double manche de Troy Van Leeuwen (ici et ici), et il a effectivement joué avec les Queens Of The Stone sur cette magnifique 6 / 12 cordes ainsi que sur sa Jazzmaster signature, mais il a aussi sorti sa nouvelle Echopark Model J (regardez le site ici, c'est un luthier californien dont j'avais déjà parlé dans cet article). Dean Fertita, le troisième guitariste des Queens, avait lui aussi une nouvelle Echopark La Carne Custom avec deux humbuckers, un chevalet wraparound et six mécaniques en ligne, en plus de la superbe Burns 12 cordes qu'il arborait déjà au Zénith l'année dernière. Le patron, Josh Homme, est resté sur ses MotorAve Belaire (un instrument gigantesque qui va bien à ce géant) et s'est définitivement imposé comme un frontman incroyable... Putain de voix, putain de jeu de guitare, et surtout putains de chansons (dont cet incroyable Fairweather Friends que je n'osais pas attendre)... Il s'agissait du dernier concert des Queens avant les quelques dates sud-américaines qui mettront fin à deux ans de tournée pour l'énorme ... Like Clockwork, et quelle belle manière de dire au-revoir... Vivement la suite !

Tuesday, August 26, 2014

Fantasme 155 - Collings D-45 20 000

http://artisanguitars.com/collings-d-45-special-limited-edition-dreadnought-20000

Oui je sais, encore une Collings ! En même temps elle est tellement belle... Regardez les autres photos, tout est parfait... On jurerait une Martin D-45 de la grande époque avec un tout petit truc en plus ! Il s'agit d'un modèle unique, fabriqué pour fêter la 20 000ème guitare sortie des ateliers Collings. Le corps est bien sûr en palissandre brésilien trié sur le volet, et même l'étui a été fait par la marque texanne, une première pour eux ! Alors bien sûr le prix a de quoi donner peur (67 500 dollars, peut-être négociable à 67 000 qui sait ?), mais en même temps, comme le disent les américains, "it doesn't get better than this"...

Friday, August 22, 2014

Obsédé de Jack White - part 3

Dans les deux articles précédents (Obsédé de Jack White part 1 et part 2), j'ai eu l'occasion de mener l’enquête sur le très-mystérieux matos du grand Jack White. J'étais arrivé aux conclusions que sa guitare principale est une Fender Telecaster American Special hautement modifiée, que son amplification se partage entre un Vibroverb reissue et trois têtes type RCA bien mystérieuses, et qu'on trouve sur son pedalboard une Whammy, une Big Muff, un POG et sans doute une Bumble Buzz de chez Third Man, son propre label. Mon ami Ludovic Egraz, éminent journaliste chez Guitare Xtreme, a été piqué dans sa curiosité par ces deux papiers et a mené sa propre enquête. Voici donc plusieurs photos des amplis mystères :




Malheureusement, ces agrandissements ne permettent pas de déterminer le modèle avec certitude, tant il s'agit probablement de circuits récents hébergés dans une vieille tête RCA. On apprend simplement qu'il y a pas mal de connectique à l'arrière et surtout de la connectique sur le côté. Confirmation de plus que ces têtes ne sont pas là pour faire joli mais qu'elles sont bien branchées...
Mais la plus grosse révélation vient de cet angle nouveau sur le pedalboard de White :


On y retrouve bien les pédales évoquées plus haut (et le POG est donc bien un POG2, et à côté ça a tout l'air d'un compresseur Demeter comme le suggérait un lecteur de ce blog, même si les boutons ne sont pas les mêmes), mais il y a un deuxième pedalboard (le plus près de l'objectif), sur lequel on devine un accordeur Boss TU-2 ou 3 (jusque là rien d'anormal), mais surtout un Eventide H9 (la grosse blanche) et une pédale noire issue de la nouvelle série Minifooger de Moog. La configuration à 4 boutons en fait soit une MF Drive, soit une MF Delay ou aussi MF Trem, et en regardant de plus près il semble qu'on peut distinguer un des deux miniswitches métalliques de la MF Drive. Dans tout les cas, la présence d'une pédale sortie si récemment (les Minifoogers sont disponibles depuis avril 2014) et d'une pédale si poussée dans le côté hi-tech (la H9) montre bien à quel point White est ouvert dans son choix et surtout en constante recherche. Une belle leçon de plus de la part d'un des plus grands à l'heure actuelle.

Thursday, July 17, 2014

Fantasme 154 - Jackson Surfcaster SC3

http://www.ebay.com/itm/Jackson-Surfcaster-SC3-1996-Year-Made-in-Japan-Very-Good-Condition-Rare-Guitar-/171324760651?pt=Guitar_Accessories&hash=item27e3c0624b

Dans l'idéal j'aurais préféré le modèle sans micro double, mais je n'ai trouvé que ça... Il faut dire que les Surfcaster ça ne court pas les rues en ce moment. Oui, Surfcaster, parfaitement ! Il y a eu une troisième "caster", mais celle-ci était signée Charvel puis Jackson (les deux marques appartenant désormais à Fender, il y a une certaine logique a posteriori derrière tout ça). La forme évoque de loin la Jazzmaster, mais avec l'ouïe de Rickenbacker, les micros lipstick et les repères en dents de requin typique de Jackson, on obtient un mélange parfaitement inédit. à l'origine boudée par le public qui ne s'attendait pas à une gratte de surf rock de la part d'une marque pour métalleux, la Surfcaster commence à revenir dans le cœur des musiciens, au point qu'elle a été rééditée par le Custom Shop Jackson. Malheureusement, beaucoup de ces rééditions reprennent uniquement la forme du corps et en font des guitares de métal plus standard. Vive l'originale donc !

Tuesday, July 15, 2014

Obsédé de Jack White - part 2

Nous avions commencé l'exploration du matos de Jack White la semaine dernière par son pedalboard (en gros : Whammy, Big Muff, POG et de la Fuzz en rab') et sa guitare mystérieuse (une Fender Telecaster American Special modifiée). Passons désormais à l'étape finale de la chaîne... Côté amplis, White est connu pour son utilisation du Silvertone 1485, une vieillerie qu'il a remise à la mode et dont il faut dire qu'il tire un crunch redoutable. Il s'est ensuite mis à le mélanger à un Twin Reverb, et explique dans une interview donnée à Guitar Player : "C'est comme ça que je peux obtenir à la fois le crunch et la reverb. La reverb du Silvertone est horrible, et je l'utilise donc uniquement pour le crunch épais du haut-parleur Jensen que seul un Silvertone peut donner. Aucun autre ampli ne sonne comme ça. J'utilise le Fender pour sa reverb. Un Silvertone et un Fender font une excellente combinaison."
Cette fois pourtant, pas de Twin et pas de Silvertone. L'ampli le plus facile à identifier est le moins facile à voir : il est tourné vers White, en direction du batteur, et on ne le voit que du côté depuis le public. En revanche, en cherchant bien, on peut l'apperçevoir sur certaines photos live, et il y en a même une où on voit très clairement :


 C'est tellement clair qu'on peut même lire le logo de celui du bas ! Il s'agit donc d'un Vibroverb blackface, et il y a donc deux possibilités : soit c'est un original, soit c'est une des rééditions sorties entre 2003 et 2008 sous le nom de '64 Vibroverb Custom. Lorsque la photo est si claire on peut faire la différence en regardant le logo : le sigle TM au dessus de Vibroverb n'apparaît que sur la réédition, et en dessous du nom il y a marqué "Fender Electric Instruments" sur la réédition, contre "Fender Elec. Inst. Co" sur l'original. Il y a aussi une phrase écrite sous le témoin de mise en marche sur l'original qui ne se retrouve pas sur la réédition. Le verdict est donc ici sans appel : il s'agit d'une réédition, le '64 Vibroverb Custom donc. Au dessus, on voit clairement une Fender Reverb Unit, et là, vu qu'on ne la voit que de face, j'aurais du mal à dire s'il s'agit d'une originale ou d'une réédition. Fender ne vend plus la version noire (seule la version brownface reste au catalogue), mais elle a bien existé à partir de 1993.
Restent les trois amplis mystères : trois têtes et baffles qui sont juste derrière White et face au public :


Et là le mystère devient nettement plus épais... Au départ j'ai cru que ces amplis n'étaient pas branchés et qu'ils servaient à décorer la scène (et c'est vrai qu'ils font très bien dans la pièce). Mais lorsque White a remplacé sa Telecaster par la Kay pour le dernier titre, il a trituré les boutons sur ses trois têtes... on peut donc imaginer que le but de ces têtes est d'obtenir le crunch qui venait auparavant de son Silvertone, pour faire pendant au Vibroverb qui remplacerait alors le Twin. Jusque ici c'est assez logique... Mais alors que sont ces têtes ? Une photo permet de les voir un peu plus clairement :


On distingue donc des boutons chickenhead dont la fonction est indiquée par un autocollant au dessus, puis un témoin de mise en marche et un cinquième chickenhead tout à droite qui pourrait bien être un sélecteur de wattage... Il s'agit d'une vieille tête RCA reconditionnée. On trouve plusieurs fabricants, amateurs ou pros, qui achètent ce genre de reliques des années 40 et 50 :


Pour les transformer en amplis parfaitement viables, généralement d'esprit vintage :


Malheureusement, je n'ai pas trouvé de modèle qui corresponde à la répartitions de contrôles des amplis de White, le mystère reste donc entier... S'agit-il simplement de circuits de Silvertone 1485 reconditionnés ? Et si oui par qui ? La quête continue !

Wednesday, July 9, 2014

Fantasme 153 - Gretsch White Falcon / Synchromatic 1958

https://reverb.com/item/72022-gretsch-white-falcon-synchromatic-1958-white

Je connais la White Falcon. Je connais la Rancher, l'acoustique Gretsch à la rosace en forme de médiator qui peut prendre une robe de White Falcon. Mais une version archtop à ouïes de la Falcon, ça je n'avais jamais vu ! Et pour cause : il s'agit d'un modèle unique ! En 1958, un employé de Gretsch a pris un manche de White Falcon, un corps de Synchromatic (l'archtop typée jazz chez Gretsch) et il a appliqué la finition d'une Falcon au corps pour parfaire ce mariage contre-nature. Le résultat est une guitare à la fois très bizarre et parfaitement familière, une combinaison qui a le chic pour me faire craquer... Quand on voit en plus l'état de la bête par rapport à son âge, il y a vraiment de quoi craquer pour cette véritable pièce de musée.

Monday, July 7, 2014

Obsédé de Jack White - part 1

Ok, l'obsession ne date pas d'hier : j'avais déjà fait un article sur les guitares de son groupe The Raconteurs en 2012 (l'article est là), mais avec le merveilleux album Lazaretto ça ne s'est pas arrangé. J'ai eu la chance de voir la première des deux dates de White à l'Olympia pour cette nouvelle tournée, et je n'ai aucun doute sur le fait que c'est le meilleur concert que je verrai cette année. En grande partie improvisé, avec une excellente sélection de morceaux de tous ses projets, et un groupe furieux derrière...
Mais vous vous en doutez, j'avais aussi les yeux rivés sur le matos et... je n'ai rien vu. Comme tout bon magicien, White cache ses astuces, et le matos clairement identifiable sur scène est bien rare. Pour ne rien faciliter, il ne donne pas d'interviews... Deux pages internet peuvent nous éclairer, mais elles sont déjà vieillottes : cette interview avec Guitar Player en 2010 et cette compilation de photos de ses pedalboards. Mais il y a une source moins évidente qui peut donner quelques indices à condition que l'on fouille un peu : il s'agit des photos des concerts de White, prises par son équipe et mises en ligne quelques heures après chaque show.
Commençons par le plus simple : les pédales. La compilation de photos présente une photo du pedalboard de la tournée solo précédente, et à priori peu de choses ont changé.
Voici l'ancienne photo :
et un gros plan sur les pédales qu'on aperçoit sur une photo live
:
Au fond, on retrouve bien la Whammy, puis la Big Muff (la plus grosse avec les trois boutons), un POG 2 (avec les sliders + le bouton blanc), et c'est là que le mystère commence... Le switch à gauche appartient peut-être à la MXR Micro Amp qui se trouve sur tous ses boards quel que soit le projet. Et avant sur l'alim il y avait une Woolly Mammoth ZVEX, mais le bouton qui dépasse tout à droite n'est pas celui d'une ZVEX... Si l'un d'entre vous arrive à l'identifier je suis tout ouïe. Quant aux deux dernières pédales visibles en entier, il y a une noire à deux boutons et une verte sans aucun bouton. Pour la verte, je parierai très cher qu'il s'agit de la Bumble Buzz, la fuzz qu'il a conçue et sortie sur son label Third Man : http://jackwhiteiii.com/third-man-records-bumble-buzz-guitar-pedal/ . La pédale noire en revanche est clairement une pédale de série puisqu'on voit le petit autocollant "ne pas jeter à la poubelle" qui orne les pédales neuves, non ? à vous de me dire ce que ça vous inspire...
Côté guitare ensuite, il y a les évidentes, à savoir la Gretsch qu'il avait dans les Raconteurs, la Gibson L-1 de 1915 en acoustique et l'archtop Kay des années 50 en open de La pour Seven Nation Army. Mais la véritable star du show et celle qu'il n'avait pas avant de se lancer en solo, c'est la Telecaster bleue. Et là, impossible de savoir quoi que ce soit : certains forums parlent d'un modèle de 68, mais ça n'est pas basé sur grand chose d'autre que la présence d'un Bigsby... Que sait-on ? Elle a un armrest métallique façon star de la country, un Bigsby, un humbucker en position manche avec plots apparents façon TV Jones et tout l'accastillage est blanc. Les mécaniques ressemblent à des Sperzel à blocage. On pourrait penser qu'il s'agit d'une création du Custom Shop Fender, mais cette photo dit le contraire :

(oui il fallait la trouver celle-là...) Même sur les guitares de stars (surtout !), le Custom Shop appose toujours son petit aigle à l'arrière de la tête. Là ça ressemble beaucoup plus au numéro de série d'une Fender. On voit clairement qu'il y a deux lignes superposées, ce qui limite énormément les possibilités puisque beaucoup de leurs modèles ont soit le numéro de série (pour les mexicaines standard) soit le Made In USA (pour les américaines standard) à l'avant de la tête. Les seules à avoir deux lignes superposées sont les mexicaines Classic Player et les American Special. Peut-être que le logo à l'avant peut nous donner un indice ? Il s'agit du gros logo noir des années 60, qui a laissé croire à certains "experts" qu'elle était de 68. Vous savez quoi ? C'est exactement ce logo que Fender a choisi pour l'American Special !!! L'étau se resserre donc de manière très claire : il s'agit bien d'une Fender Telecaster American Special, modifiée copieusement ! On ne saura pas jusqu'où est allée la modification (peut-être même que le corps vient d'une autre guitare, allez savoir...), mais on avance !
ça fait beaucoup pour une séance, alors on réserve les amplis pour la prochaine, d'ici là menez l'enquête de votre côté et on se retrouve dans une semaine pour confronter les résultats...